Simplifiez vos documents juridiques en les (re)pensant comme une Interface Web

Par 5 janvier 2020 avril 3rd, 2020 Avocat, Conception juridique, Legal Design
La simplification des documents juridiques

Simplifiez vos documents juridique : Les sciences cognitives peuvent être d’une grande aide à mieux comprendre les utilisateurs (non juristes ou étudiants en droit) des documents juridiques. Et ce, afin de leur proposer des contenus adaptés à leurs besoins. La psychologie cognitive nous permet de mieux comprendre le traitement de l’information par l’humain. Voici ci dessous des conseils pour simplifier vos documents juridiques.

Qu’est ce que la psychologie cognitive ?

C’est l’étude des activités psychologiques (attention, perception, pensée, mémoire, langage, anticipation de l’action, etc.) impliquées dans l’acquisition, la mémorisation et la restitution des connaissances et des compétences.

La psychologie cognitive s’intéresse aux représentations mentales que la personne entretient d’elle-même et de son environnement (objets, personnes, situations), et qui déterminent inconsciemment ses perceptions, ses pensées et ses comportements. Cette branche de la psychologie a donc pour objet les fonctions d’acquisition et de traitement des connaissances.

Prise en compte de la cognition humaine dans le rédaction d’un document juridique

L’humain ne cesse jamais de percevoir des stimuli sensoriels, et de traiter les informations, que ce soit de manière consciente ou inconsciente.

En partant de ce postulat, toute interaction avec le document est l’affaire de stimuli reçus à travers les sens et le traitement des informations contenues dans le documents par le cerveau.

C’est pourquoi il est essentiel de prendre en compte la façon dont le cerveau reçoit ces stimulis et les traite (l’expérience utilisateur) dans la rédaction du contenu d’un document juridique afin de répondre à un besoin précis.
Je vous propose, dans cet article, de faire le parallèle entre une interface internet et un document juridique. Cela peut vous aider à mieux comprendre la pensée Legal Design.

Une interface qui ne prend pas en compte la cognition humaine ne peut pas fonctionner auprès de ses utilisateurs. Je suis convaincue que ce principe peut s’appliquer parfaitement aux documents juridiques !

Réfléchir selon une perspective nouvelle pour concevoir un document juridique

S’intéresser et transposer les sciences cognitives au domaine juridique, peut permettre de concevoir des services qui prennent en compte les besoins des utilisateurs.

1 – DOCUMENT JURIDIQUE = INTERFACE

L’interface en pensée Legal Design est le point de rencontre entre le document juridique et son utilisateur final.
Une interface devient compliqué quand les éléments qui la constituent n’aident pas son utilisateur à comprendre facilement comment l’utiliser. Il est de même pour un contrat, ce dernier devient compliqué et difficile à comprendre ou à appliquer quand les clauses qui le constituent n’aident pas son utilisateur à comprendre ses droits et obligations.

2 – CLAUSES CONTRATS = ÉLÉMENTS

Partant du postulat que le document juridique est une interface, Un document juridique devient compliqué quand les éléments qui le constituent n’aident pas son utilisateur à le comprendre facilement, à l’utiliser ou à mettre en application son contenu ( ex : nombre et ordres des clauses, vocabulaire juridique technique, définitions peu claires…. ).

3 – DROITS ET OBLIGATIONS = INDICATEURS

Les éléments de l’interface sont censé donner à l’utilisateur des messages et des indicateurs sur ce qu’il faut faire ou pas faire.
Quand ces indicateurs sont trop nombreux, compliqués à comprendre, mal placés, abstraits ou absents, l’interface ne sera pas appliquée correctement car non compréhensible. Ce même principe est applicable aux documents juridiques.

8 Conseil pour présenter efficacement votre document juridique

Simplifiez vos documents juridiques :

  1. Étudiez votre auditoire afin d’adapter votre discours et structurer votre présentation. Vos interlocuteurs connaissent-ils votre domaine d’intervention, que savent ils du projet, quelles sont leurs attentes, etc. ?
  2. Employez des mots simples, pour que vos clients et prospects puissent vous comprendre. En effet, tous vos clients ne sont pas des experts en droit. Parfois, même quand on est expert dans un domaine juridique spécifique, on peut ne pas comprendre le jargon juridique de son confrère spécialisé dans un autre domaine.
  3. Faites un effort sur la mise en page pour guider au maximum l’oeil de vos lecteurs afin d’être sûr qu’ils perçoivent les informations les plus importantes.
  4. Utilisez des visuels car notre cerveau apprend et retient plus facilement les notions apprises à travers les images comparées à celles apprises par des mots. Les stimuli visuels ont un impact émotionnel bien plus important et restent bien plus longtemps à l’esprit que les textes.
  5. Réduisez la quantité d’informations dans un même document sans perdre en rigueur juridique.
  6. Organisez les informations de façon logique pour l’utilisateur.
  7. Présentez une vision globale du sujet avant de rentrer dans le détail de votre analyse juridique. N’hésitez pas à utilisez pour des infographies de templates.
  8. Appuyez vos argumentaires en illustrant graphiquement les chiffres et autres informations clés pour votre interlocuteur

En conclusion (simplifiez vos documents juridiques) :

Parce qu’exercer le droit est un métier de service qui se digitalise avec l’arrivée des legaltechs. Les utilisateurs (entreprises ou consommateurs) ont accès à de plus en plus de choix et d’alternatives. En s’appuyant notamment sur les sciences cognitives, il est possible de proposer une expérience plus satisfaisante, et donc améliorer son business. Son image de marque, son positionnement pour se démarquer de ses concurrents, et ce même en dispensant une offre similaire !
Le langage visuel est un puissant vecteur de communication pour faire passer un message, expliquer une procédure, argumenter son dossier devant une juridiction… Cela permet de s’immerger dans votre dossier ou document juridique.
Les sciences cognitives sont donc un guide de l’humain qui peuvent permettre aux métiers du droit d’être encore plus human-centric.

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